Article mis à jour le 29 octobre 2026. Sources consultées le 27 octobre 2026.
Un jardin offre aux rats ce dont ils ont besoin : de l’eau, de la nourriture et des endroits où creuser à l’abri. Les apercevoir au crépuscule près du composteur ou découvrir un trou au pied d’une haie n’a rien d’exceptionnel, en ville comme à la campagne. La présence de rongeurs n’est pourtant pas anodine, car les rats sont le principal réservoir d’une maladie bactérienne, la leptospirose. Cette page passe en revue les signes qui doivent alerter, les risques documentés par les autorités sanitaires, les gestes de prévention au jardin et le moment où il devient raisonnable de confier le problème à un professionnel.
Pourquoi les rats s’installent-ils dans un jardin ?
Un rat s’établit là où il trouve à la fois de quoi manger, de quoi boire et de quoi nicher. La Ville de Paris, qui conduit depuis 2017 un plan de lutte contre les rongeurs, résume sa stratégie de la même façon : agir à la fois par la lutte directe, avec des rodenticides et des pièges, et sur les facteurs qui favorisent leur présence en surface, c’est-à-dire l’accès à la nourriture et à l’eau, les voies de passage et les possibilités de nichage. Selon la Ville, la lutte directe ne suffit pas, voire échoue, si les conditions restent favorables aux rats (Ville de Paris, mis à jour le 16/10/2026).
Dans un jardin privé, les sources de nourriture les plus courantes sont faciles à identifier : sacs poubelles posés au sol, composteur ouvert, restes de repas pris dehors, gamelles d’animaux laissées dehors, fruits tombés. La Ville de Paris rappelle que les graines et le pain destinés aux oiseaux sont très appréciés des rats. Les abris, eux, sont fournis par les tas de bois, les encombrants stockés contre un mur, les massifs denses et les dessous de cabanon.
Les signes qui doivent vous alerter
Les rats sont discrets et surtout actifs la nuit. On les repère donc souvent par leurs traces plutôt qu’en les voyant. Plusieurs indices, surtout lorsqu’ils se cumulent, laissent penser qu’une colonie s’est installée :
- des trous et des galeries au pied des murs, des haies, des terrasses, du composteur ou sous une dalle, souvent avec de la terre fraîchement remuée à l’entrée ;
- des déjections le long des murs, dans l’abri de jardin ou près des sources de nourriture ;
- des traces de rongement sur les bacs en plastique, les sacs de terreau ou de graines, les fruits et les légumes du potager ;
- des passages tassés dans l’herbe ou le paillage, qui relient un abri à un point de nourriture ou d’eau ;
- des observations répétées d’animaux en journée, qui peuvent signaler une population importante ou un manque d’abri.
Un rat aperçu une fois au fond d’un jardin voisin d’un talus ou d’un cours d’eau ne signifie pas forcément une infestation. Des terriers actifs, des déjections fraîches et des dégâts réguliers justifient en revanche d’agir sans attendre.
Quels risques pour la santé ?
Le principal risque sanitaire associé aux rats en France est la leptospirose. Selon le ministère de la Santé, ses principaux réservoirs sont les rongeurs, en particulier les rats, qui excrètent la bactérie dans leurs urines et souillent ainsi leur milieu. Les leptospires survivent assez facilement dans l’eau douce et les sols boueux. Chez l’homme, elles pénètrent principalement par la peau lésée ou les muqueuses, plus rarement à la suite d’un contact direct avec un animal infecté ou d’une morsure (ministère de la Santé, mise à jour du 14/05/2025).
La maladie reste peu fréquente mais n’est pas rare. Le ministère indique que le nombre de cas est passé d’environ 300 à environ 600 par an en France métropolitaine depuis 2014, avec 570 cas diagnostiqués en France hexagonale en 2023, un pic en fin d’été et une inscription sur la liste des maladies à déclaration obligatoire depuis août 2023. La fiche de l’ARS Bourgogne-Franche-Comté publiée sur Santé.fr mentionne entre 600 et 700 cas recensés chaque année en France hexagonale (Santé.fr, ARS Bourgogne-Franche-Comté, publié le 06/08/2026).
Le jardinage figure parmi les expositions possibles. L’INRS cite une étude de Santé publique France portant sur 46 cas diagnostiqués en Normandie entre 2010 et 2014 : une grande majorité des personnes étudiées, autour de 70 %, avait pratiqué une activité de plein air, jardinage ou activité en milieu aquatique (INRS, Références en santé au travail n° 169, mars 2022).
Les symptômes apparaissent généralement entre 5 et 14 jours après l’exposition, et jusqu’à 21 jours, sous la forme d’un syndrome grippal : fièvre, maux de tête, douleurs musculaires. Des formes graves, avec atteinte rénale, hépatique ou neurologique, sont possibles. Santé.fr recommande de consulter rapidement un médecin en cas de fièvre, de douleurs musculaires ou de maux de tête dans les 21 jours suivant une exposition à risque, et de lui signaler cette exposition. Le traitement repose sur des antibiotiques, d’autant plus efficaces qu’ils sont pris tôt.
Au-delà de la santé, les rats causent des dégâts matériels : ils rongent les contenants, les gaines, les récoltes, et leurs galeries peuvent déstabiliser une dalle ou une bordure. Ces dommages restent secondaires par rapport au risque sanitaire, mais ils signalent souvent une population déjà installée.
Les bons gestes au jardin
Se protéger pendant les travaux
L’INRS, dans sa mise au point sur la leptospirose, liste des mesures qui s’appliquent aussi au jardinier exposé à une zone fréquentée par des rongeurs : porter des gants résistants et étanches, des bottes, se laver à l’eau potable et au savon, désinfecter toute plaie ou égratignure avec une solution antiseptique puis la protéger, éviter tout contact direct avec un animal sauvage, vivant ou mort (INRS, 2022). La fiche publiée sur Santé.fr ajoute de toujours se rincer à l’eau potable après un contact avec l’eau ou la terre. Évitez aussi de manipuler à mains nues un cadavre de rat ou un piège.
Supprimer la nourriture
- stocker les déchets dans des bacs fermés, jamais dans des sacs posés au sol ;
- fermer le composteur et éviter d’y mettre des restes carnés ou des plats cuisinés ;
- ne pas laisser de gamelles d’animaux dehors la nuit ;
- limiter le nourrissage des oiseaux, ou utiliser des mangeoires qui ne laissent pas tomber de graines au sol ;
- ramasser les fruits tombés et ranger les sacs de graines et de terreau dans des contenants rigides.
Ces gestes rejoignent les conseils publiés sur Santé.fr pour lutter contre les rats : entretenir régulièrement sa cour, sans encombrants ni déchets, et éliminer toutes les sources d’alimentation, y compris les restes destinés aux animaux (Santé.fr, publié le 05/11/2025).
Supprimer les abris et les accès
Désencombrez les abords des murs, surélevez les tas de bois, rebouchez les trous inoccupés et surveillez ceux qui se rouvrent. Pour empêcher le nichage sur certains espaces, la Ville de Paris a, par exemple, posé un grillage recouvert de 15 cm de terre ; elle a aussi modifié les grilles d’avaloirs d’eau pluviale de ses jardins pour limiter la remontée des rats du sous-sol (Ville de Paris). Une mare ou un récupérateur d’eau mal couvert constituent également un point d’abreuvement.
Raticides : les précautions indispensables
L’ANSES a alerté sur des intoxications graves d’enfants, dont deux décès, liées à un raticide importé illégalement et contenant une substance interdite en France. Ses recommandations valent pour tout usage domestique (ANSES, 25/11/2021) :
- acheter uniquement des produits dans des circuits conventionnels, supermarchés ou magasins spécialisés ;
- choisir des produits avec des instructions écrites en français ;
- tenir ces produits hors de portée des enfants ;
- respecter les conditions d’emploi mentionnées sur l’emballage ;
- faire appel à des entreprises spécialisées en cas d’échec du traitement.
Dans un jardin fréquenté par des enfants ou des animaux de compagnie, cette dernière recommandation mérite d’être appliquée tôt plutôt que tard.
Quand faire appel à un professionnel ?
Si les terriers se multiplient, si les signes persistent malgré la suppression de la nourriture et des abris, ou si un premier traitement a échoué, l’intervention d’un professionnel de la dératisation devient la solution raisonnable. La Ville de Paris le rappelle pour les espaces privés : dans les jardins, cours, caves et bâtiments privés, la mise en place des mesures de lutte en cas de forte présence de rongeurs incombe aux propriétaires, comme le prévoit le règlement sanitaire départemental, et il convient alors de faire réaliser une dératisation. Le règlement sanitaire départemental varie selon les départements : votre mairie peut vous indiquer celui qui s’applique chez vous.
En région parisienne, par exemple, si l’infestation persiste dans un jardin des Hauts-de-Seine, vous pouvez vous adresser à une entreprise de dératisation des Hauts-de-Seine comme Access Anti-Nuisibles, installée à Levallois-Perret, qui indique intervenir chez les particuliers, y compris pour les jardins. Quel que soit le prestataire, demandez un devis écrit, le détail des méthodes prévues (pièges, postes d’appâts sécurisés) et la manière dont la zone sera suivie après le traitement.
Si vous êtes locataire d’une maison avec jardin, le logement doit être décent : Service-Public.fr précise qu’un logement décent n’est pas infesté par des animaux nuisibles, en citant les rats en exemple. Signalez alors la situation à votre bailleur par écrit (Service-Public.fr, fiche vérifiée le 21/03/2025).
Un jardin accueillant pour la faune, pas pour les rats
Un jardin naturel n’attire pas forcément les rats. Une prairie fleurie, une haie ou une mare favorisent la petite faune sans offrir de nourriture facile, à condition de garder les déchets et le compost sous contrôle. Pour concevoir ces espaces, voir nos exemples d’aménagement de jardin inspirés des paysages naturels et nos idées d’aménagement de jardin et de terrasse, en prévoyant dès le départ des contenants fermés et un composteur adapté.
En résumé
- Les rats s’installent là où ils trouvent nourriture, eau et abri : agir sur ces trois points est la première mesure.
- Terriers actifs, déjections et traces de rongement signalent une colonie installée.
- Les rats sont le principal réservoir de la leptospirose : gants, bottes, lavage des mains et protection des plaies au jardin.
- Raticides : uniquement des produits autorisés en France, notice en français, hors de portée des enfants.
- En cas d’échec ou de forte présence, faire appel à une entreprise spécialisée.
Rédaction : la rédaction de Beau Paysage. Nos contenus sont rédigés en interne à partir de sources publiques identifiées et citées en fin d’article ; ils ne remplacent pas l’avis d’un médecin pour une question de santé. Voir qui écrit sur Beau Paysage et notre charte éditoriale.
Sources
- Ministère de la Santé — Leptospirose — Réservoir principal (rongeurs, rats), mode de contamination, environ 600 cas par an depuis 2014, 570 cas en France hexagonale en 2023, déclaration obligatoire depuis août 2023, mesures de protection individuelle. (Mise à jour du 14/05/2025, consultée le 27/10/2026)
- Santé.fr — La leptospirose (information proposée par l’ARS Bourgogne-Franche-Comté) — Rats réservoir principal, symptômes entre 5 et 21 jours, 600 à 700 cas par an en France hexagonale, prévention, consultation en cas de suspicion. (Publié le 06/08/2026, consulté le 27/10/2026)
- INRS — La leptospirose : où en est-on ? (TP 49, Références en santé au travail n° 169) — Rat sauvage porteur, étude de 46 cas en Normandie (2010-2014), mesures de prévention au niveau du réservoir et de la transmission. (Mars 2022, consulté le 27/10/2026)
- ANSES — Raticides : utiliser uniquement les produits autorisés en France — Intoxications et décès liés à un raticide interdit, recommandations d’achat, de stockage et d’emploi, recours à une entreprise spécialisée en cas d’échec. (Publié le 25/11/2021, consulté le 27/10/2026)
- Ville de Paris — Comment Paris lutte contre les rats — Gestion intégrée, réduction de l’accès aux déchets, grillage recouvert de 15 cm de terre, obligations des propriétaires d’espaces privés au titre du règlement sanitaire départemental. (Mise à jour du 16/10/2026, consultée le 27/10/2026)
- Service-Public.fr (DILA) — Logement à louer décent — Un logement décent n’est pas infesté par des animaux nuisibles, par exemple des rats. (Fiche vérifiée le 21/03/2025, consultée le 27/10/2026)
- Santé.fr — Leptospirose : l’essentiel à connaître (information proposée par Ma santé.re) — Mesures de lutte contre les rats autour du logement : entretien de la cour, suppression des sources d’alimentation. (Publié le 05/11/2025, consulté le 27/10/2026)


