Salar d’Uyuni : ce que disent les sources officielles

Par la rédaction ·

Salar de uyuni

Peu de lieux font circuler autant de chiffres sans source que le salar d’Uyuni : sa surface, l’épaisseur de sa croûte, sa part supposée du lithium mondial, la saison du fameux miroir. Les organismes qui mesurent réellement le site — l’IRD, le CNES, l’ESA, la NASA, l’USGS — publient pourtant des données datées et vérifiables. Elles suffisent à trancher les arbitrages concrets d’un séjour : quand partir, comment gérer l’altitude, à quelles conditions circuler sur le sel, et ce qu’il faut penser du lithium.

Un salar n’est pas un lac salé : ce que recouvre vraiment Uyuni

Uyuni est une croûte de sel sèche en surface, pas une étendue d’eau. C’est une surface plane d’environ 10 000 km² (ORSTOM/IRD, 1987), installée dans la dépression centrale de l’Altiplano bolivien à environ 3 660 m d’altitude (ORSTOM/IRD, 1987), à environ 500 km au sud de La Paz (CNES Géoimage, consulté le 16/09/2026).

La distinction entre un salar et un lac salé n’est pas une nuance de vocabulaire. Un lac salé reste en eau toute l’année ; un salar est sec en surface sauf pendant la saison des pluies (ORSTOM/IRD, 1987). Cette phrase commande tout le reste : la portance de la croûte, la possibilité d’y circuler, l’apparition du reflet, la saison à retenir. Qui attend un lac repartira déçu de la saison sèche ; qui attend un désert blanc sera surpris en pleine saison des pluies.

Le sel vient d’un assèchement. Il s’est déposé lors de la disparition d’un lac salé qui occupait une grande partie de l’Altiplano il y a environ 10 000 ans (ORSTOM/IRD, 1987). Ce que l’on foule aujourd’hui est le fond d’un plan d’eau disparu, pas une formation née sur place.

Côté minéralogie, Uyuni et son voisin Coipasa sont essentiellement constitués de halite (ORSTOM/IRD, 1987). La NASA précise la composition : halite (NaCl) et gypse (CaSO4), avec, sous la croûte, des saumures salées et des argiles hydratées, ainsi que des couches de matière organique et de microfossiles qui marquent les périodes humides passées (NASA Earth Observatory, 10/09/2023). L’image utile n’est donc pas celle d’un bloc de sel massif, mais celle d’un plancher solide posé sur un milieu saturé d’eau salée.

L’épaisseur est précisément le chiffre que les guides ne donnent jamais : elle passe de quelques centimètres en bordure à plus de 120 m au centre (CNES Géoimage, consulté le 16/09/2026). Cet écart explique pourquoi la périphérie du salar, là où la croûte est la plus mince et où arrivent les apports d’eau et de sédiments, constitue la zone la plus délicate — et c’est aussi par là que l’on entre.

Un détail d’histoire scientifique mérite d’être connu d’un lecteur francophone : les premiers carottages profonds du salar ont été menés par l’ORSTOM, devenu l’IRD, en convention avec l’université Majeure de San Andrés de La Paz, avec des forages atteignant 70 m de profondeur (ORSTOM/IRD, 1987). Une bonne part de ce que l’on sait de la structure du site vient de ces travaux.

La surface la plus plate mesurée sur Terre, et pourquoi les satellites s’en servent

Le fait le plus spectaculaire du salar n’est pas sa blancheur mais sa planéité. Sur plus de 10 000 km², la variation d’altitude de la surface est inférieure à 1 m (ESA, 07/07/2017). Aucune autre surface terrestre de cette taille n’offre une référence aussi régulière.

La conséquence est opérationnelle, pas anecdotique : l’Agence spatiale européenne utilise le salar comme cible de calibration des altimètres radar embarqués sur CryoSat et sur Copernicus Sentinel-3 (ESA, 07/07/2017). Un instrument qui mesure des hauteurs de glace ou de mer au centimètre a besoin d’un étalon connu ; Uyuni fait office de règle plate à l’échelle continentale.

Pour le voyageur, cette planéité est aussi l’explication physique de ce qu’il vient chercher. Le reflet dit « effet miroir » ne tient pas à une propriété particulière du sel : il tient au fait qu’une pellicule d’eau, même très mince, s’étale de manière quasi uniforme sur une surface dont le relief reste sous le mètre (ESA, 07/07/2017). Ailleurs, la même quantité d’eau se rassemblerait en flaques. Ici, elle forme un film continu. C’est aussi pour cela que le phénomène dépend d’un cumul de pluie faible et d’un vent modéré, et non d’une date de calendrier.

Le salar est par ailleurs un objet d’observation spatiale documenté côté français. La fiche du CNES s’appuie sur une image Sentinel-2 du 12/06/2020, dont la résolution native est de 10 m, et sur une image Pléiades du 15/04/2016 (CNES Géoimage, consulté le 16/09/2026). La NASA, de son côté, décrit ces salars comme des laboratoires naturels pour l’étude de l’environnement martien, et comme des marqueurs de paléoenvironnements grâce aux couches qu’ils conservent (NASA Earth Observatory, 10/09/2023).

Lire une image satellite du salar avant de partir

Regarder les images publiées par le CNES ou la NASA vaut mieux que collectionner des photographies de voyage : elles montrent l’état réel de la surface à une date donnée. Trois repères suffisent. Le blanc franc du centre correspond à la croûte sèche et épaisse. Les zones plus sombres en périphérie signalent les apports sédimentaires et l’eau d’arrivée, c’est-à-dire la partie la moins portante. Les teintes grises ou brunes qui envahissent la surface après un épisode pluvieux indiquent, elles, un salar temporairement chargé — ce qui nous mène au point suivant.

Salar de uyuni — illustration 1
Illustration originale — Beau Paysage

Saison sèche ou effet miroir : trancher avec le régime de pluie, pas avec des photos

Commençons par les chiffres, car ils sont rarement cités. Les salars de la région reçoivent moins de 200 mm de précipitations par an (NASA Earth Observatory, 14/04/2019). Le CNES, sur un périmètre plus large, indique moins de 50 mm par an en moyenne régionale et environ 100 mm par an autour du salar (CNES Géoimage, consulté le 16/09/2026).

Ces valeurs disent l’essentiel : la lame d’eau qui produit le miroir provient d’un cumul faible, concentré sur une courte période. Un total annuel de cet ordre varie fortement d’une année sur l’autre, et se répartit de façon irrégulière à l’intérieur même de la saison humide. Aucune agence, aucun guide, aucun calendrier ne peut donc garantir le miroir à une date précise. Une promesse de ce type est un argument commercial, pas une prévision.

Un épisode documenté illustre la deuxième idée fausse, celle du reflet toujours immaculé. Les précipitations de début février 2019 ont apporté un afflux de sédiments volcaniques sombres qui a temporairement décoloré les salars ; dès mars 2019, la surface revenait vers des teintes plus claires (NASA Earth Observatory, 14/04/2019). L’observation provient d’une photographie prise depuis la Station spatiale internationale, référencée ISS059-E-517, le 17/03/2019 (NASA Earth Observatory, 14/04/2019). Autrement dit : après une pluie chargée, le salar peut être terne, gris ou brunâtre pendant plusieurs semaines. Le blanc immersif n’est pas un acquis de la saison humide.

La saison sèche offre à l’inverse des garanties d’une autre nature : une croûte portante, les motifs polygonaux caractéristiques bien visibles, et un accès plus sûr aux sites périphériques. Elle ne produit pas de reflet.

Sources : NASA Earth Observatory (14/04/2019), NASA Earth Observatory (10/09/2023) et CNES Géoimage (consulté le 16/09/2026).
Ce que la saison sèche garantit Ce que la saison humide permet
Une croûte de sel sèche en surface et portante Une pellicule d’eau susceptible de produire le reflet — sans garantie de date
Les motifs polygonaux de la croûte nettement lisibles Une lecture du salar proche de celle des images satellite en eau
Un accès plus régulier aux sites de la périphérie Un rendu photographique différent, parfois terne après un épisode chargé en sédiments
Une incertitude faible sur l’état de la surface Une incertitude élevée : l’état dépend des pluies des jours précédents

Un dernier paramètre échappe complètement à la saison : le froid. Les températures descendent sous 0 °C peu après le coucher du soleil (CNES Géoimage, consulté le 16/09/2026). L’équipement doit être dimensionné pour le gel nocturne y compris pendant la saison des pluies, ce que la plupart des listes de bagages traitent comme une spécificité de l’hiver austral.

3 660 m d’altitude : les seuils officiels à connaître avant de réserver

Le mal aigu des montagnes survient au-delà de 2 500 m et peut être mortel (France Diplomatie, mise à jour du 15/09/2026). Le seuil est confirmé par l’Institut Pasteur de Lille, qui situe l’apparition du mal aigu des montagnes à partir de 2 500 m (Institut Pasteur de Lille, consulté le 16/09/2026). Or le salar est à environ 3 660 m (ORSTOM/IRD, 1987), et tout l’itinéraire d’accès se situe au-dessus du seuil. Ce n’est donc pas une question qui se pose au sommet d’une excursion : elle se pose dès l’atterrissage.

Les repères du trajet réel le montrent. L’aéroport d’El Alto est à 4 058 m, et La Paz s’étage entre 3 300 et 3 800 m (France Diplomatie, mise à jour du 15/09/2026). Arriver en avion, c’est passer en quelques heures du niveau de la mer à plus de 4 000 m : un saut d’altitude, pas une acclimatation.

Deux règles d’ascension coexistent, et elles se complètent. France Diplomatie recommande de ne pas dépasser 400 m de dénivelé positif entre deux nuits consécutives à partir de 2 500 m (France Diplomatie, mise à jour du 15/09/2026). L’Institut Pasteur de Lille indique de son côté de ne pas dépasser 500 m de dénivelé par jour, de marquer une pause de 5 minutes toutes les 30 minutes de marche et d’éviter tout effort intense en début de séjour (Institut Pasteur de Lille, consulté le 16/09/2026). Les symptômes à surveiller vont de l’essoufflement, des maux de tête, de l’insomnie, de la perte d’appétit et des nausées jusqu’aux œdèmes pulmonaire et cérébral (Institut Pasteur de Lille, consulté le 16/09/2026).

La conduite à tenir en cas de symptômes est simple et non négociable : redescendre, au minimum sous 4 000 m (France Diplomatie, mise à jour du 15/09/2026). Sur un circuit de plusieurs jours en autonomie, cela suppose que le programme prévoie explicitement cette possibilité — question à poser à l’agence avant de réserver.

Les contre-indications sont listées noir sur blanc. La haute altitude est déconseillée aux enfants ; la grossesse et les pathologies cardiaques, pulmonaires, neurologiques ou rénales constituent des contre-indications (France Diplomatie, mise à jour du 15/09/2026). L’Institut Pasteur de Lille déconseille l’altitude au-delà de 2 000 à 2 500 m chez le nourrisson (Institut Pasteur de Lille, consulté le 16/09/2026).

Deux points, enfin, sont quasiment absents des guides de voyage. D’abord, un délai de 24 heures doit être respecté entre un voyage en avion et un séjour en haute altitude, pour prévenir l’embolie gazeuse (Institut Pasteur de Lille, consulté le 16/09/2026). Ensuite, France Diplomatie recommande au moins dix jours d’acclimatation avant de monter en zone de plus de 3 000 m (France Diplomatie, mise à jour du 15/09/2026). Cette recommandation mérite d’être confrontée honnêtement à la durée des séjours effectivement vendus : beaucoup de formules enchaînent l’arrivée à La Paz et le départ vers Uyuni en quelques jours. Le lecteur n’a pas à trancher entre la recommandation officielle et l’offre commerciale sans le savoir ; il doit au moins savoir que l’écart existe.

Accès, agences et conduite sur le sel : l’avis officiel français, que personne ne cite

Le Sud Lipez et le salar d’Uyuni relèvent de la zone jaune, dite de vigilance renforcée (France Diplomatie, mise à jour du 15/09/2026). Ce classement n’interdit rien, mais il s’accompagne de consignes précises qu’aucun guide francophone de la première page de résultats ne reprend.

La plus frontale concerne le véhicule : il est préférable d’éviter de circuler avec son propre véhicule sur le salar d’Uyuni, particulièrement pendant la saison des pluies (France Diplomatie, mise à jour du 15/09/2026). La seconde concerne la vitesse : ne pas dépasser 80 km/h, des accidents graves survenant régulièrement du fait de la croûte de sel (France Diplomatie, mise à jour du 15/09/2026). Une surface plane et vide n’est pas une surface sans danger : l’absence de repères visuels et la nature du revêtement sont précisément ce qui produit les sorties de route.

L’avis fournit, de fait, une grille de sélection d’agence directement utilisable. Il recommande de vérifier l’état du véhicule, le bon fonctionnement de toutes les ceintures de sécurité, l’adaptation de l’itinéraire aux conditions météorologiques, la présence d’un téléphone satellitaire à bord et l’existence d’une assurance responsabilité civile couvrant un accident de groupe (France Diplomatie, mise à jour du 15/09/2026). Ces cinq points se posent en cinq questions écrites, avant versement d’un acompte. Une agence qui esquive la question de la responsabilité civile de groupe ou du téléphone satellitaire répond déjà.

Une contrainte réglementaire mérite d’être anticipée par ceux qui envisagent un passage vers le Chili : la circulation nocturne dans le Sud Lipez, près de la frontière chilienne, est interdite sauf accompagnement par une agence autorisée localement, et des contrôles de police sont possibles (France Diplomatie, mise à jour du 15/09/2026).

Sur le plan sanitaire administratif, la vaccination contre la fièvre jaune est recommandée, et devient obligatoire en cas d’entrée en Bolivie par la frontière amazonienne brésilienne (France Diplomatie, mise à jour du 15/09/2026). Le point concerne moins le salar lui-même que l’itinéraire d’arrivée choisi.

Une réserve de méthode, écrite noir sur blanc : cet article ne reprend ni prix de circuit, ni durée type, ni tarif d’entrée aux sites. Ces montants varient selon l’opérateur et la période, et aucune des sources institutionnelles citées ici ne les publie. Ils doivent être relevés directement auprès des opérateurs et datés au moment de la réservation. Recopier un tarif lu sur un blog dont on ignore la date d’actualisation revient à budgéter à l’aveugle.

Salar de uyuni — illustration 2
Illustration originale — Beau Paysage

Le lithium d’Uyuni : pourquoi les chiffres cités ne disent pas la même chose

Trois institutions donnent trois ordres de grandeur différents du lithium d’Uyuni. Ce n’est pas une erreur : elles ne mesurent pas la même chose, et la confusion entre ces mesures explique l’essentiel des affirmations qui circulent.

La distinction centrale est celle entre ressource et réserve. Une ressource est une quantité identifiée dans le sous-sol. Une réserve est la part de cette ressource économiquement exploitable dans les conditions techniques et économiques actuelles. Une ressource considérable peut coexister avec une réserve nulle, si l’extraction n’est pas engagée.

Les données de l’USGS illustrent exactement ce cas. Les ressources en lithium mesurées et indiquées de la Bolivie sont estimées à 23 millions de tonnes, sur un total mondial d’environ 150 millions de tonnes — devant le Chili (13 Mt), derrière l’Argentine (28 Mt), l’Australie et la Chine étant à 10 Mt chacune et les États-Unis à 30 Mt (USGS, Mineral Commodity Summaries 2026, février 2026).

Le point que personne ne relève figure dans le même document : la Bolivie n’apparaît ni au tableau des réserves, ni au tableau de la production minière mondiale 2024-2025, qui listent l’Argentine, l’Australie, le Brésil, le Canada, le Chili, la Chine, le Mali, le Portugal et le Zimbabwe (USGS, Mineral Commodity Summaries 2026, février 2026). La production mondiale 2025 est par ailleurs estimée à environ 290 000 t, hors États-Unis (USGS, Mineral Commodity Summaries 2026, février 2026).

D’autres estimations existent et méritent d’être citées avec leur date, sans être fusionnées en une moyenne trompeuse. L’ESA évoquait un gisement estimé à 9 millions de tonnes (ESA, 07/07/2017). Le CNES, de son côté, avance que le salar concentrerait 60 % des réserves mondiales de lithium, au sein du « triangle du lithium » (CNES Géoimage, consulté le 16/09/2026). Ces valeurs ne se contredisent pas frontalement : elles renvoient à des périmètres, des dates et des définitions distincts.

La lecture prudente tient en une phrase : le salar d’Uyuni est indiscutablement l’un des plus gros gisements de lithium identifiés au monde, mais la Bolivie ne figure pas, à ce jour, parmi les producteurs recensés dans les statistiques minières de l’USGS (USGS, Mineral Commodity Summaries 2026, février 2026). L’écart entre le potentiel et la production effective est le vrai sujet, et il est bien plus intéressant que le pourcentage sorti de son contexte.

Pour le voyageur, l’incidence est limitée mais visible. L’activité liée aux saumures se concentre en bordure du salar, là où la croûte est la plus mince ; elle ne ferme pas les zones fréquentées par les circuits, mais elle explique les infrastructures, bassins d’évaporation et pistes que l’on aperçoit depuis la route d’accès.

Autour du salar : Coipasa, le Sud Lipez et l’échelle réelle du lieu

Uyuni n’est pas un site isolé mais un élément d’un ensemble. L’Altiplano couvre environ 200 000 km², entre 3 660 et 4 500 m d’altitude, bordé par la Cordillère Orientale du côté amazonien et par la Cordillère Occidentale du côté Pacifique (ORSTOM/IRD, 1987). Comprendre cette échelle évite de traiter le salar comme une excursion d’une journée.

Le système hydrologique en amont donne la logique du lieu. Le lac Titicaca, à 3 810 m, se déverse par le Desaguadero dans le lac Poopó, situé 350 km plus au sud ; le salar se trouve encore 200 km plus au sud (ORSTOM/IRD, 1987). L’eau descend, s’évapore, et laisse ses sels au point bas : Uyuni est le terminus de cette chaîne.

Le voisin que l’on oublie s’appelle Coipasa. Deuxième salar par la superficie, il couvre 2 500 km² (ORSTOM/IRD, 1987) et se trouve séparé d’Uyuni par le Cerro Tetivilla (NASA Earth Observatory, 10/09/2023). Les deux salars partagent la même composition dominante en halite, mais les autres salars de la région se distinguent nettement : on y trouve du gypse, des sulfates de sodium, des carbonates de sodium et des borates (ORSTOM/IRD, 1987). Cette diversité minéralogique est la raison des couleurs si différentes d’un lac à l’autre dans le Sud Lipez — une explication autrement plus solide que les qualificatifs poétiques habituels.

La clé de lecture du paysage est volcanique : les volcans délimitent de petits bassins fermés, occupés par des lacs salés ou par des salars (ORSTOM/IRD, 1987). Chaque lagune du Sud Lipez est donc un système clos, avec sa propre chimie et sa propre couleur, et non une variation d’un même plan d’eau.

La fréquentation, enfin, se chiffre : la région du salar accueille environ 100 000 touristes par an (CNES Géoimage, consulté le 16/09/2026). Rapporté à une surface de plus de 10 000 km² (ESA, 07/07/2017), le chiffre paraît faible ; il se concentre pourtant sur un nombre restreint de points d’accès, de pistes et d’hébergements, ce qui explique la pression locale ressentie autour de la ville d’Uyuni.

Ce qu’il faut avoir arbitré avant de réserver

Quatre décisions se prennent en amont, et chacune s’appuie sur une donnée publiée plutôt que sur une impression. La saison se choisit en acceptant que le reflet dépende d’un cumul de pluie faible et irrégulier, inférieur à 200 mm par an (NASA Earth Observatory, 14/04/2019), et donc non garantissable. L’altitude se prépare en tenant compte du seuil de 2 500 m et des règles de dénivelé officielles (France Diplomatie, mise à jour du 15/09/2026), ce qui a des conséquences directes sur le nombre de jours à prévoir. Le transport se décide en lisant l’avis de sécurité, qui déconseille le véhicule personnel sur le salar et fixe une limite de 80 km/h (France Diplomatie, mise à jour du 15/09/2026). L’agence, enfin, se sélectionne sur les cinq points de vérification du même avis, posés par écrit.

Le reste — les prix, les durées, les tarifs d’entrée — relève de données commerciales datées, à collecter directement auprès des opérateurs. Elles n’ont pas leur place dans un article qui prétend s’en tenir à ce que les organismes publics mesurent réellement.

Sources consultées le 16/09/2026 : France Diplomatie — sécurité, France Diplomatie — santé, USGS Mineral Commodity Summaries 2026, CNES Géoimage, ESA, NASA Earth Observatory (2019), NASA Earth Observatory (2023), ORSTOM/IRD (1987), Institut Pasteur de Lille.

Sources

  1. Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères — France Diplomatie — Le Sud Lipez et le salar d’Uyuni sont classés en zone jaune (vigilance renforcée). La page recommande d’éviter de circuler avec son propre véhicule sur le salar, particulièrement en saison des pluies, de ne pas dépasser 80 km/h en raison des accidents graves liés à la croûte de sel, et de vérifier auprès de l’agence : état du véhicule, ceintures fonctionnelles, téléphone satellitaire, assurance responsabilité civile couvrant un accident de groupe. Circulation nocturne dans le Sud Lipez près de la frontière chilienne interdite sauf agence autorisée localement. Acclimatation d’au moins dix jours recommandée avant de monter au-delà de 3 000 m. (Mise à jour du 15/09/2026, consultée le 16/09/2026)
  2. Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères — France Diplomatie — Le mal aigu des montagnes survient au-delà de 2 500 m et peut être mortel. Règle d’ascension : pas plus de 400 m de dénivelé positif entre deux nuits consécutives à partir de 2 500 m. Repères d’altitude : La Paz entre 3 300 et 3 800 m, aéroport d’El Alto à 4 058 m ; en cas de symptômes, redescendre au minimum sous 4 000 m. La haute altitude est déconseillée aux enfants ; grossesse et pathologies cardiaques, pulmonaires, neurologiques ou rénales sont des contre-indications. Vaccination contre la fièvre jaune recommandée, obligatoire en cas d’entrée par la frontière amazonienne brésilienne. (Mise à jour du 15/09/2026, consultée le 16/09/2026)
  3. U.S. Geological Survey — Mineral Commodity Summaries 2026, fiche Lithium — Ressources en lithium mesurées et indiquées de la Bolivie : 23 millions de tonnes, sur un total mondial d’environ 150 millions de tonnes (Argentine 28 Mt, Chili 13 Mt, Australie 10 Mt, Chine 10 Mt, États-Unis 30 Mt). La Bolivie ne figure ni au tableau des réserves ni au tableau de la production minière mondiale 2024-2025, qui listent l’Argentine, l’Australie, le Brésil, le Canada, le Chili, la Chine, le Mali, le Portugal et le Zimbabwe. Production mondiale 2025 estimée à environ 290 000 t (hors États-Unis). (Publié en février 2026, consulté le 16/09/2026)
  4. CNES — Géoimage (fiche rédigée par Xavier Gosset, lycée Descartes de Rabat, et Luc Gosset, lycée franco-bolivien de La Paz) — Le salar d’Uyuni s’étend sur plus de 10 000 km², à environ 500 km au sud de La Paz. L’épaisseur de la croûte de sel varie de quelques centimètres en bordure à plus de 120 m au centre. Précipitations inférieures à 50 mm/an en moyenne régionale, environ 100 mm/an autour du salar ; les températures descendent sous 0 °C peu après le coucher du soleil. Fréquentation d’environ 100 000 touristes par an. La fiche avance que le salar concentrerait 60 % des réserves mondiales de lithium, au sein du « triangle du lithium ». (Fiche fondée sur une image Sentinel-2 du 12/06/2020 et une image Pléiades du 15/04/2016 ; aucune date de publication affichée ; consultée le 16/09/2026)
  5. Agence spatiale européenne (ESA) — Le salar de Uyuni occupe plus de 10 000 km² à l’extrémité sud de l’Altiplano et présente une variation d’altitude de surface inférieure à 1 m, ce qui en fait une cible idéale pour la calibration des altimètres radar embarqués sur CryoSat et sur Copernicus Sentinel-3. L’ESA le décrit comme l’un des gisements de lithium les plus riches au monde, estimé à 9 millions de tonnes. (Publié le 07/07/2017, consulté le 16/09/2026)
  6. NASA Earth Observatory — Les salars de la région reçoivent moins de 200 mm de précipitations par an. Les précipitations de début février 2019 ont apporté un afflux de sédiments volcaniques sombres qui a temporairement décoloré les salars ; dès mars 2019 la surface revenait vers des teintes plus claires. Photographie ISS059-E-517 prise le 17/03/2019 depuis l’ISS (Expédition 59, Nikon D5, objectif 24 mm). (Publié le 14/04/2019, consulté le 16/09/2026)
  7. NASA Earth Observatory — Les sels des salars de Coipasa et d’Uyuni sont composés de halite (NaCl) et de gypse (CaSO4) ; des couches de matière organique et de microfossiles marquent les périodes humides passées ; des saumures salées et des argiles hydratées se trouvent sous la croûte de sel. Le Cerro Tetivilla sépare les deux salars. Les salars servent de laboratoires naturels pour l’étude de l’environnement martien. Photographie prise le 07/05/2022 depuis l’ISS (Expédition 67, Nikon D5, focale 140 mm). (Publié le 10/09/2023, consulté le 16/09/2026)
  8. ORSTOM, devenu IRD — Institut de recherche pour le développement (fonds documentaire Horizon) — Le salar de Uyuni est une surface plane d’environ 10 000 km² située dans la dépression centrale de l’Altiplano à environ 3 660 m d’altitude ; le sel s’y est déposé lors de l’assèchement d’un lac salé qui occupait une grande partie de l’Altiplano il y a environ 10 000 ans. Un salar est sec en surface sauf pendant la saison des pluies, contrairement à un lac salé en eau toute l’année. L’Altiplano couvre environ 200 000 km² entre 3 660 et 4 500 m ; le Titicaca est à 3 810 m et se déverse par le Desaguadero dans le lac Poopó, 350 km plus au sud. Le salar de Coipasa, deuxième par la superficie, couvre 2 500 km². Uyuni et Coipasa sont essentiellement constitués de halite ; d’autres salars contiennent gypse, sulfates de sodium, carbonates de sodium et borates. L’ORSTOM, en convention avec l’université Majeure de San Andrés de La Paz, y a mené des carottages atteignant 70 m de profondeur. (Publié en 1987, consulté le 16/09/2026)
  9. Institut Pasteur de Lille — conseils aux voyageurs — Le mal aigu des montagnes apparaît à partir de 2 500 m d’altitude. Recommandations : pas plus de 500 m de dénivelé par jour, pause de 5 minutes toutes les 30 minutes de marche, pas d’effort intense en début de séjour. La haute altitude au-delà de 2 000-2 500 m est déconseillée chez le nourrisson. Un délai de 24 heures doit être respecté entre un voyage en avion et un séjour en haute altitude pour prévenir l’embolie gazeuse. Les symptômes vont de l’essoufflement, des maux de tête, de l’insomnie, de la perte d’appétit et des nausées jusqu’aux œdèmes pulmonaire et cérébral. (Aucune date de publication affichée sur la page ; consultée le 16/09/2026)

Rédaction Beau Paysage

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